Climat : + 1,22°C

women sunbathing on the beach with bend legs

 

Après 2016, l’année 2017 est la deuxième année la plus chaude depuis 1880. La température moyenne mesurée a été de 1,13°C supérieure à la période préindustrielle. En 2016, on avait enregistré +1,22°C. A noter que l’objectif de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique est de limiter la hausse à 2°C, voire +1,5°C « si possible » à l’horizon 2100.

Mais, +1,22°C
c’est que du bonheur !

La température dont je parle ici est la température moyenne annuelle de l’atmosphère terrestre au niveau du sol. C’est la moyenne des mesures prises sur l’ensemble de notre planète par des milliers de stations de mesure sur terre comme sur mer, de jour comme de nuit, tout au long de l’année, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud et à toutes les latitudes.

En 1880, au début de l’ère industrielle, au moment où commençait l’exploitation des énergies fossiles (le charbon), cette température moyenne annuelle était d’environ 13,7°C.

20 000 ans plus tôt, à la fin de l’ère glaciaire, il faisait entre 9 et 10°C. A cette époque, la banquise descendait jusqu’en Hollande, la France était une steppe gelée et le niveau de la  mer était 120 mètres plus bas qu’aujourd’hui. Pendant les 10 000 ans suivants la terre a subi un lent réchauffement climatique de +4,5°C. La température terrestre s’est alors stabilisée. Et depuis 9 000 ans, elle varie dans une fourchette de + ou – 0,25°C autour de 13,7°C.

Mais, depuis un siècle et demi, le réchauffement a repris. Il est 150 fois plus rapide que précédemment. En 2016, la température moyenne annuelle a été de 14,92° soit +1,22°C. Nous y voilà.

Il ne s’agit pas d’une eau de la piscine qui aurait gagné un peu plus de 1°. Mais d’une moyenne qui inclut des températures extrêmes allant de 70°C en dessous de zéro à plus de 50°C au-dessus et qui régulièrement battent des records de chaleur et de durée. Un ou deux degrés de variation de cette moyenne, c’est beaucoup.

Une température moyenne plus élevée, c’est plus d’énergie donc  plus d’agitation, plus d’évaporation, plus de sécheresse et d’incendies, mais aussi plus de pluie et d’inondations, des phénomènes météo plus violents avec toutes les conséquences directes sur l’habitat, la santé et l’alimentation des habitants et indirectes sur la qualité de vie et la sécurité. C’est aussi une élévation du niveau des mers d’un mètre à la fin du siècle voire plus qui chassera de leur habitat des centaines de millions d’urbains.

L’Accord de Paris sur le climat signé en 2015 fixe comme objectif à l’humanité de ne pas dépasser un réchauffement (depuis 1880) de +2°C et si possible de le limiter à +1,5°C. Cela implique de réduire principalement et très fortement nos consommations d’énergies fossiles. Les scientifiques, spécialistes du climat, nous disent que faute de faire un effort suffisant la température pourrait augmenter de 4 à 5°C d’ici la fin du siècle.

On sait à quoi ressemblait un climat avec 4 à 5 °C de moins. C’était il y a 20 000 ans. On ne sait pas à quoi ressemblera ce climat de 4 à 5 °C plus chaud. Il faut remonter à 250 millions d’années pour trouver ces niveaux de température sur notre planète. A cette époque, le Permien, l’homme n’existait pas.

Des études ont tenté de prévoir les impacts du réchauffement sur telle ou telle région du monde. Ce ne sont que des prévisions. Mais elles nous donnent un aperçu des risques encourus si on ne tient pas compte de l’avertissement des spécialistes. En voici quelques exemples :

+1°Cc’est le cas depuis trois ans / sécheresses et incendies (Californie) / fonte des glaciers et banquise / ouragans plus violents (Irma) / régression de la biodiversité / 24 millions de réfugiés climatiques en 2016 selon l’ONU /

+2°Cc’est l’objectif  de la COP 21 / canicules en Europe  avec surmortalité, pertes de récoltes et incendies / pénuries d’eau et famines en aval de l’Himalaya et de la Cordillère des Andes / baisse de la production agricole en Afrique /

+3°Cc’est l’engagement actuel des Etats / vents et pluie plus violents y compris en Europe / le Sahara franchit le détroit de Gibraltar / les fleuves se tarissent l’été au Pakistan, en Inde et en Chine / gigantesques incendies en Amazonie, en Indonésie et en Malaisie /

+4°C c’est juste en dessous de notre trajectoire actuelle / famine et exode massif dans les régions tropicales / forte élévation du niveau des mers – la submersion cause le déplacement de centaines de millions de personnes / forte migration du pourtour méditerranéen vers le nord de l’Europe /

Ce long post (chapeau si vous êtes arrivés jusqu’ici) nous dit que nous avons un gros problème devant nous, dans lequel nous avons, tous en tant que consommateurs et en tant qu’électeurs, notre part de responsabilités.

Et constater qu’avec +1,22°C en 2016, nous nous sommes approchés très près de l’objectif souhaitable de 1,5°C en 2100 fixé par l’Accord de Paris sur le Climat montre qu’il y a urgence.

+ 1,22°C, même pas peur ?

Nous fabriquons aujourd’hui, tous ensemble, le climat de demain.

Jacques Boulan
3 février 2018

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