TER climatique ?

Un train de 150 tonnes avec 30 passagers est une horreur climatique

Les petites lignes ferroviaires et leurs TER (Train Express Régional) sont aujourd’hui et sans doute pour quelques mois encore sous les feux de l’actualité. Ces lignes s’étendent sur 9000 km. Elles sont déficitaires et largement subventionnées par les régions et par l’Etat.

Le rapport Spinetta, publié il y a quelques semaines, a fait grand bruit en proposant de fermer une partie de ces lignes. Devant le tollé, le gouvernement n’a pas repris cette proposition. Mais nombreux sont ceux qui craignent que cela se fasse plus tard. Je fais partie de ceux-là. Comment, me suis-je dit, peut-on envisager de supprimer ce moyen de transport en commun quand on a signé l’Accord de Paris sur le climat ? Cela m’a amené à y regarder de plus près.

TER 3

La plupart des petites lignes en question ne sont pas électrifiées. Ce sont donc des trains à moteurs diesel qui y circulent. Les rames sont composées d’une, deux ou trois voitures. Elles pèsent entre 70 et 160 tonnes et transportent jusqu’à 250 passagers. La consommation de carburant se situe entre 200 et 300 litres de gasoil aux 100 km. Traduit en CO2, cela donne autour de 6 500 g/km.

Comme ces engins coûtent très cher en fonctionnement et en amortissement, la SNCF fait circuler ces rames au moment où il y a le plus de passagers. Le matin à l’ouverture des bureaux et des écoles et le soir à leur fermeture du lundi au vendredi. Les samedis et dimanches il y a moins d’offre. Ces horaires ne convenant pas toujours, les gens prennent beaucoup leur voiture.

Un dossier de la FNAUT (Fédération Nationale des Usagers des Transports) montre la très faible fréquentation de certaines lignes. C’est le cas chez moi où j’ai assisté, vendredi dernier à 18h04, à l’arrivée en gare de Saint-Junien (agglo de 18 000 habitants) de l’un des deux trains du soir venant de Limoges à destination d’Angoulême. 13 passagers en sont descendus. Visiblement, ils n’étaient pas plus nombreux à être restés à l’intérieur. Aucun n’est monté dans cette rame de trois voitures continuant vers Angoulême.

Faisons un peu de statistiques. 30 personnes en comptant le conducteur et le contrôleur ont fait 35 km. Cela représente par personne 5,3 tonnes de ferraille en mouvement et 220 g/km de CO2. Seul dans sa voiture, chaque passager aurait déplacé 1 tonne et émis 110 g/km C02.  Il faudrait être plus de 60 dans le train pour faire mieux que tout seul en voiture. Pour être bénéfique pour le climat, il faut des trains bien fréquentés. C’est le cas en moyenne en France. L’Eco-comparateur de l’Ademe indique, pour cette distance parcourue en TER par des trains diesels ou électriques, des émissions de CO2 de 29g/km.

Mais, c’est loin d’être le cas pour toutes les « petites lignes ». Pour celles-ci le problème, en partie à cause des horaires proposés et de la faible fréquence des TER, est que les gens ne prennent pas le train. Si cela ne change pas, le risque de fermeture est élevé. Mais si ces lignes peu fréquentées ferment, ce serait plutôt un bien pour le climat. Non ?

Evidemment, ce n’est pas souhaitable. Il faudrait plutôt remplir les trains avec plein d’automobilistes. Facile à dire. Mais comment faire ?

Je vous présenterai quelques solutions  dans mon prochain billet « TER climatique ! ».

Jacques Boulan
31 mars 2018

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Consultez ici l’étude de l’ARAFER : « Le marché français  du transport ferroviaire de voyageurs » mis à jour en janvier 2018.

 

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