Une formation climatique obligatoire pour tous

Si les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat ont pu voter la proposition de réduire à 110 km/h la vitesse maximum autorisée (VMA) sur autoroute, c’est que, de leur propre aveu, ils ont bénéficié de 3 jours de formation lors de leur première réunion plénière. Et ils ont pu ensuite, tout au long de leurs travaux, auditionner tous les spécialistes qu’ils ont voulus. Cette réduction de la VMA a été approuvée par la Convention à une large majorité alors que tous les sondages montrent que cette mesure est rejetée par plus de 70% de la population. Une étude universitaire a vérifié qu’au début de leurs travaux, les 150 conventionnels tirés au sort étaient bien représentatifs de la société française tant par leurs connaissances en matière de climat que par leurs avis sur la question.

Ainsi, en prenant le temps de s’informer, ces citoyens ont changé leur regard sur ce problème si complexe qu’est le dérèglement climatique. Ils ont pris connaissance des causes du réchauffement de l’atmosphère terrestre. Ils ont pris la mesure des  impacts considérables de la détérioration du climat sur la qualité de la vie dans les prochaines décennies. Ils ont pris conscience de l’urgence d’agir. Ils ont exploré la palette des outils disponibles pour baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Un problème complexe
Pour régler intelligemment un problème complexe, il faut en connaitre les tenants et les aboutissants. Il faut prendre le temps de s’informer, de se former. Comme la lutte contre le dérèglement climatique demande des changements importants dans tous les champs de la politique, je propose ici la mise en place d’un plan de formation des élus à tous les échelons, du local au national. Comme une mise en place réussie des mesures découlant de ces politiques nouvelles demande leur acceptation par une large majorité de la population, je propose aussi la mise en place d’un plan de formation des citoyens.

Un socle commun de connaissances
Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) sera chargé d’établir ce socle commun de connaissances sur la problématique climatique. Ce socle sera établi sur la base des rapports du GIEC. Il en découlera un manuel accessible par internet (gratuit) mais aussi, en format papier, disponible (à prix coûtant) dans tous les points de vente de presse et de livres.

Des Mooc, des Webinaires et autres vidéoconférences ainsi que des conférences en présentiel seront organisés par les établissements d’enseignement secondaire et ceux d’enseignement technique, les universités, les collectivités et les entreprises pour permettre à chacun de se former au mieux.

Salle d'examen

Un Certificat d’Etudes Climatiques (CEC) sera créé sous le contrôle du HCC. Pour l’obtenir, il faudra passer une épreuve dans un centre d’examen dans des conditions identiques à celles des épreuves du baccalauréat. L’épreuve se fera sous la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM). Le HCC déterminera le pourcentage de bonnes réponses nécessaires pour obtenir le certificat d’études. Ce pourcentage sera différent suivant le rôle des certifiés : plus élevé pour un ministre que pour un député, plus faible pour un simple citoyen que pour un conseiller municipal.

Une formation obligatoire des responsables politiques
Pour les responsables politiques qui sont actuellement en responsabilité, ils disposeront d’un délai pour acquérir le CEC. Ce délai sera d’un mois pour les ministres, les secrétaires d’Etat, les présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et leurs directeurs de cabinet respectifs. Il sera de 6 mois pour les présidents des régions et des départements ainsi que pour leurs chefs de cabinet. Pour les élus en cours de mandat (députés, sénateurs et conseillers des collectivités locales), ils disposeront d’un an pour acquérir le CEC.

A l’avenir, tout candidat à une élection politique devra être titulaire du CEC au niveau requis pour le mandat convoité.

Une formation pour les citoyens
Les étudiants, déjà électeurs et, pour beaucoup, futurs décideurs doivent acquérir le socle de connaissances climatiques le plus tôt possible. Ainsi le CEC sera nécessaire pour accéder à l’enseignement supérieur. Les élèves de Terminale le passeront au cours du second trimestre. Sa possession sera obligatoire pour valider le baccalauréat. Une forme adaptée sera créée pour l’obtention des diplômes professionnels (CAP et Bac pro). Les étudiants déjà dans l’enseignement supérieur devront acquérir le CEC pour valider leurs différents diplômes.

Dans la fonction publique, les fonctionnaires titulaires du CEC bénéficieront d’un abaissement des charges salariales. Le CEC sera obligatoire pour être recruté ou pour obtenir une promotion.

Dans le secteur privé, les salariés titulaires du CEC bénéficieront d’un abaissement des charges salariales. Les entreprises bénéficieront également d’un abaissement de charges pour chaque salarié titulaire du CEC .

Progressivement, le CEC sera exigé pour obtenir les aides publiques nationales ou locales (primes, subventions, prêts aidés, prêts garantis, etc.).

Obligations, contraintes, exigences … encore de l’écologie punitive
Mes descendants trouveront certainement plus juste que j’aie été obligé de consacrer 3 jours de ma vie à me former sur la problématique climatique plutôt qu’ils soient obligés, eux, de subir les tempêtes, inondations, sécheresses, pénuries alimentaires*, migrations massives et autres désagréments causés par mon irresponsabilité d’aujourd’hui.

Alors, qui est puni ? Celui à qui l’on impose, aujourd’hui, de s’informer sur le climat ? Ou celui qui, demain, prendra le ciel sur la tête ?

Jacques Boulan / 17 juillet 2020

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*Pour ne pas dire famines (faut pas faire peur)

2 commentaires sur “Une formation climatique obligatoire pour tous

  1. Merci Jacques c’est tout à fait juste ce que t proposes c’est essentiel et il m’est venu à l’esprit que ce serait bien de mettre dans cet enseignement un chapitre sur le respect : le respect de chacun qui ouvrirait beaucoup de choses comme le respect de la terre pour nos petits enfants et ne plus être dans des conflits pour avoir plus ou « forcer « nos objectifs etc etc voilà ce n’est qu’un souhait vers une autre vie main dans la main meilleure pour nos petits enfants et arrière-petits-enfants où l’intérêt ne serait plus l’argent mais l’entraide et le partage

    Voilà 🤗tu me comprends Gros bisous à vous tous et à Puy d’eau 😉

    >

    J'aime

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